Plus de nudge, moins d’injonction : ré-enchanter la consommation de légumes en misant sur la manière de les découper.Nudges comportementaux : un encouragement à faire un meilleur choix sans interdire.

Fruits & légumes Nutrition et Bien-être 24/02/2020

Lorsque le succès des pâtes et autres féculents profite aux légumes…

La dimension pratique d’un produit est aujourd’hui considérée comme un acquis. Ce constat, associé au manque de techniques culinaires, amène les marques à orienter leurs réflexions sur l’usage.

En effet, le consommateur recherche la praticité et privilégie le prêt-à-cuisiner voire le prêt-à-manger. C’est alors que l’art de la découpe prend tout son sens du côté des fruits et légumes. Si l’industriel gère les plus grosses corvées (freins à la consommation de légumes) tels que le nettoyage, l’épluchage et la découpe, le consommateur n’a plus qu’à cuire et apporter sa touche finale.

L’industriel prend ainsi le relai sur toutes les techniques rébarbatives de préparation et suggère des utilisations innovantes.

Déjà bien courant au rayon surgelé, ces légumes préparés gagnent de plus en plus la 4ème gamme :

  • navet, chou-fleur en lieu et place des féculents,
  • spaghetti de courgette ou de carotte,
  • tranches de légumes pour remplacer les lasagnes,
  • émietté de chou-fleur, brocoli, carotte, oignon pour agrémenter des plats ou pour préparer une sauce spaghetti,
  • frites de légumes pour remplacer la pomme de terre…

Les légumes s’intègrent ainsi à de nouvelles recettes dans lesquelles ils n’avaient jusqu’ici pas leur place : risotto, carbonara, couscous, etc…

Le nombre d’études scientifiques sur les nudges dans le domaine alimentaire a explosé.

Si le consommateur est convaincu du bien-fondé de la consommation de fruits et légumes, force est de constater qu’il y a encore du chemin à parcourir…

C’est ainsi que le PNNS 4 (2019-2021) présente des messages reformulés et clarifiés pour être moins injonctifs et anxiogènes : « ne pas dépasser » devient « limiter », « éviter les excès » fait place à une fréquence de type « tous les jours en petite quantité ».

Et là intervient le nudge… Il peut être utilisé pour agir sur les deux déterminants de la prise de décision : l’inconscient ou la raison (en mettant l’accent non plus sur l’injonction mais sur une valeur objective).

Dans son article intitulé  » Collaborer pour promouvoir des comportements alimentaires plus sains » paru dans la Harvard Business Review France, Pierre Chandon démontre quels sont les nudges les plus efficaces pour inciter à adopter une alimentation plus saine.

Les nudges comportementaux font leurs preuves…

Les nudges peuvent être de nature cognitive (fournissent des informations sur les produits proposés grâce à un symbole, un étiquetage simplifié ou via l’amélioration de la visibilité), affectifs (en incitant au plaisir) ou comportementaux.

Ces derniers sont, d’après l’étude, les plus efficaces pour à modifier directement la quantité de nourriture ingérée. Ils peuvent en effet conduire à une diminution de l’apport énergétique journalier équivalent à 32 morceaux de sucre.

Source : Harvard Business Review France

Ainsi, la prédécoupe des fruits et légumes correspond à un nudge dit « comportemental » et mise donc sur des améliorations pratiques afin que le choix le plus sain soit aussi le plus facile…

 

Pour en savoir plus : https://www.hbrfrance.fr/chroniques-experts/2020/01/29172-collaborer-pour-promouvoir-des-comportements-alimentaires-plus-sains/

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