CES de Las Vegas : sélection des tendances Food de cette édition 2020.Le faux versus le vrai : les uns s'affranchissent de la nature quand les autres renouent avec l'agriculture...

Communication - Marketing Foodtech et Connecté 31/01/2020

« Vers l’agriculture acellulaire »…

Finis la vraie viande (animale) ?

Depuis neuf ans, Impossible Foods, développe des steaks à base de viande cultivée en laboratoire. Cette année, la start-up californienne a présenté sa « viande de porc« , sans porc : un mélange à base de protéines végétales qui confirme l’engouement pour les solutions alternatives à la viande.

Ce filon est déjà bien exploité par la marque Beyond Meat qui avait levé 241 millions de dollars en mai 2019 et connu une hausse de l’action pendant 6 semaines. La marque promet une réduction d’eau de 99% et de 93% pour les terres agricoles par rapport aux steaks traditionnels.

La simili food ce sont également des faux vins et spiritueux.

Endless West, start-up siégeant à San Francisco, utilise la science pour créer des similis vins et spiritueux. Son produit, Glyph, est le premier whisky à être élaboré, note par note, à partir de molécules extraites de sources naturelles. Contrairement aux whiskies conventionnels, la Start Up revendique un produit fabriqué sans vieillissement ni tonneau, ce qui signifie que beaucoup moins d’eau, de terres et de bois utilisés dans son processus de production.

Aux Etats-Unis dans le Colorado, l’entreprise Replica Wine a développé des similis vins  » identiques à 95 % » à des vins réputés. Accompagnée par un maître sommelier et un vigneron, la start up a lancé sa production en 2016 à partir de l’analyse de plus de 2 500 vins différents, identifiant environ 800 composants dont 560 marqueurs de goûts.

Avec six bouteilles dans leur catalogue (deux chardonnays, deux pinots noirs, un cabernet et un vin rouge d’assemblage), ils ont réussi, en un peu plus de deux ans d’existence, à attirer l’attention…

Au-delà des arômes vantés par l’entreprise, leur véritable atout serait les prix bas : presque 2 fois moins cher que leur « équivalent » viticole.

Quid des faux produits laitiers ? Faux lait, « crèmes glacées » ou « yaourts » sans lait…

Les substituts laitiers élaborés à partir de pois, d’amande, de soja, d’avoine ou de lait de coco, sont devenus omniprésents. Cependant peu (voire aucun) d’entre eux ne seraient gustativement (et nutritionnellement) similaires aux produits mimés.

Partant de ce constat, Perfect Day Foods a mis au point une technologie permettant de produire des protéines identiques sur le plan nutritionnel et gustatif à celles du lait de vache, sans recours à l’animal. L’idée est d’utiliser la fermentation pour fabriquer des protéines identiques à celles du lait de vache. Ce sont ainsi des micro-organismes (levure, bactéries, algues, champignons…) qui sont stimulés afin produire la protéine, selon un procédé similaire à celui utilisé par d’autres entreprises pour fabriquer des vitamines, des probiotiques et des ingrédients comme l’hème, que Impossible Foods utilise pour donner à son burger végétal la couleur de viande.

 

… Ou le retour à la terre

Les habitudes et les attentes en matière de consommation alimentaire ont largement évolué. Émissions de CO2, pesticides ou zéro déchet, les citoyens sont plus responsables et privilégient la production locale et l’écologie. C’est ainsi que des start-up comme Myfood proposent aux particuliers de « se reconnecter avec leur nourriture » grâce à des serres connectées abritant des potagers pour cultiver ses propres légumes, que l’on possède un jardin ou un balcon.

La start-up alsacienne MyFood, fondée en 2015, a donc développé un concept de serre connectée et intelligente. D’abord pensée pour favoriser la culture écologique et autonome, celle-ci a trouvé un large panel de cas d’usage.

Le concept allie la permaculture et l’aquaponie.

  • Au travers de cultures verticales, la permaculture favorise un sol dénué de produits chimiques.
  • L’aquaponie consiste, quant à elle, à associer l’élevage de poissons à la culture de végétaux. Grâce à des capteurs, la solution de MyFood permet de contrôler la température ou l’acidité de l’eau à distance et de s’assurer que les conditions restent toute l’année propices à la culture.

Autonome en énergie, du fait de la présence de panneaux solaires, l’installation fait appel à l’intelligence artificielle pour effectuer une maintenance prédictive.

Deux modèles étaient présentés au CES :

  • Le premier, d’une taille de 3,5 mètres carrés, vendu 3500 euros.
  • Le second, familial, d’une taille de 22 mètres carrés, vendu 8000 euros.

Dans le même esprit, LG présentait des appareils ménagers de jardinage intérieur, sous forme d’une colonne encastrable dans une cuisine, permettant la culture de légumes verts et herbes aromatiques toute l’année, indépendamment du terroir et des conditions climatiques extérieures. La culture s’effectue dans une enceinte fermée dans laquelle la lumière, la température, l’hygrométrie et la qualité de l’air sont rigoureusement contrôlés grâce au numérique pour créer artificiellement les conditions idéales de germination, de photosynthèse et de croissance des plantes.

La culture ne fait appel à aucun intrant de type chimique. Elle nécessite juste des capsules de graines, de l’eau et de l’électricité. L’appareil peut contenir jusqu’à 24 capsules de semences, de quoi subvenir aux besoins d’une famille de quatre personnes selon LG Electronics. Une application pour smartphone dispense des conseils à chaque étape du processus pour garantir une récolte réussie. Les capsules de semences contenant les graines, de la tourbe et de l’engrais sont disponibles en 20 variétés différentes de salades et herbes aromatiques (romaine, laitue, roquette, chicorée, basilic…).

 

De son côté, Agreenculture veut mettre fin au règne des produits phytosanitaires, encore largement utilisés par les agriculteurs pour des raisons de rentabilité économique.

La start-up toulousaine encourage l’agro-écologie en développant des robots équipés de logiciels Dassault Systèmes pour aider les agriculteurs à entretenir leurs champs ou leurs vignes de manière autonome et en finir avec l’usage de certains pesticides. Concrètement, AgreenCulture a conçu et développé un système de guidage de haute précision (basée sur des technologies de géo-positionnement) couplée d’un programme d’intelligence artificielle, intégré dans des robots afin de désherber les champs de manière mécanique et ou n’utilisant que le minimum de substance chimique. L’intelligence artificielle intégrée au robot permet aux agriculteurs d’aller plus loin dans l’analyse de leur environnement en leur fournissant des données et recommandations sur les actions à réaliser sur leurs champs pour, in fine, améliorer la rentabilité de leur exploitation.

Au cours d’une expérimentation menée avec Kuhn, Agreenculture a permis à un agriculteur de l’Yonne de de réduire de 70% la quantité de produits phytosanitaires et de 50% les engrais utilisés en travaillant avec trois engins chargés de réaliser toutes les opérations sur une culture de maïs – à l’exception de la moisson.

 

D’un côté les solutions où la chimie, voire la biologie moléculaire, drivent l’innovation… De l’autre des solutions adaptées aux citadins à la recherche d’un mode de vie plus sain et plus vert… Autant de réponse au consommateur 2.0, prince du paradoxe assumé !

 

 

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