Les nouvelles recommandations Anses, des impacts en IAA ?

Communication - Marketing Nutrition et Bien-être Qualité - Réglementation - production RHD 27/04/2017

L’Anses a publié les nouvelles recommandations nutritionnelles en terme de santé publique. De nouvelles catégories d’aliments, des contaminants alimentaires repérés et des habitudes alimentaires observées déterminent des objectifs de fréquence et de portions de consommation. Ces nouveaux repères ne seront pas sans conséquence pour le foodservice.

3 nouveaux groupes d’aliments

3 nouveaux groupes d’aliments et 32 sous-groupes font leur apparition suite à l’analyse de l’homogénéité de la composition nutritionnelle et des usages de consommation.  Télécharger le pdf « Actualisation des repères du PNNS »

  • Les boissons sont désormais scindées en 2 : « eau » et « boissons sucrées ».
  • Les légumineuses sont considérées comme un groupe à part entière, sortant de la famille des féculents.
  • Le sel, bien qu’habituellement considéré comme ingrédient, constitue également une nouvelle famille.

 

 

 

Les aliments transformés sous-catégorisés

L’identification des aliments transformés sera désormais moins casse-tête pour les spécialistes de la nutrition. Cependant ces différenciations en sous catégories peuvent bousculer les repères de la RHD, en particulier la restauration collective et le GEM-RCN.

  • Les jus de fruits font partie des boissons sucrées, qu’ils soient sans sucre ajouté ou non. Ainsi, plus question de remplacer un fruit par un jus de fruits !
  • Les produits laitiers comprennent les desserts sucrés lactés à condition d’apporter 80 mg de calcium pour 100g de produit.
  • Les pâtisseries-viennoiseries-biscuits sont classées dans les féculents ou les produits sucrés en fonction de leur teneur en amidon, sucres et lipides.

Quid des plats cuisinés type tartes salées, sandwiches non répertoriés en groupe d’aliments mais faisant l’objet d’une somme d’aliments appartenant à différents groupes ? Il faudra, entre autre, toujours calculer le rapport protéines /lipides.

 

IAA, les secteurs concernés

rayon boucherie

 

Boucherie-charcuterie : mi-perdant, mi-gagnant

 

La viande (hors volaille) et les charcuteries sont désormais classées dans les groupes d’aliments dont la consommation augmente le risque de maladies chroniques. A retenir que sous le terme charcuterie, l’Anses répertorie les viandes transformées  qui ont subi des procédés de transformation dans le but d’améliorer la conservation et/ou de développer les arômes, tels que la salaison, le séchage, la fermentation ou le fumage.

L’Anses recommande désormais de limiter la consommation de viande rouge à moins de 70 g par jour et les charcuteries à moins de 25 g par jour.

Cette recommandation s’avère être une possible opportunité pour des offres flexitaristes combinant viande et végétaux.

Après une période difficile, la volaille non considérée comme augmentant les risques de maladies chroniques, reste bien orientée pour les innovations au détriment des viandes bovines plus coûteuses. Nouvelles découpes, portions individuelles, snacking sain, quelles seront les orientations du secteur volailler ?

 

Les légumineuses, en pôle position

légumineuses1

Après 2016, l’année des légumineuses, ces dernières ont leur propre groupe ! Protéines végétales, minéraux, fibres et index glycémique bas, les légumineuses ont une densité nutritionnelle intéressante, et leur consommation est encouragée pour toutes les catégories de populations, et pas seulement les flexitariens ou vegans… Elles confèrent une satiété, qui permet d’éviter les grignotages entre les repas. Avec  des bénéfices nutritionnels reconnus, elles sont la base des cuisines ethniques, et se positionnent sur des innovations produits du « monde ».


Les fruits et légumes, toujours au top !panier légumes


Les fruits et légumes sont clairement identifiés dans la catégorie des groupes d’aliments dont la consommation réduit le risque de maladies chroniques. Toujours 5 fruits et légumes par jour mais la nouveauté réside dans des portions définies, soit 5 portions de 80 g minimum !

Attention toutefois aux innovations sous forme liquide considérées comme des jus et donc catégorisés en boissons sucrées, même sans sucre ajouté.

 

poissons biosPoissons et produits céréaliers complets, gare aux contaminants et aux modes de cuisson !

 

Aucunement remis en cause sur leurs intérêts nutritionnels, ces 2 groupes font l’objet de recommandations quant à leurs potentiels apports en contaminants.

Du poisson 2 fois par semaine, dont un seul poisson gras en termes de fréquence. Même constat pour les produits céréaliers complets. Une vigilance est apportée sur le mode de préparation culinaire. Les cuissons haute température, le salage et le fumage sont à limiter.

Ces recommandations invitent à considérer l’intégralité de la chaîne de valeur alimentaire : du mode de culture, de pêche ou d’élevage pour diminuer l’exposition aux contaminants, et du mode de transformation des aliments en réduisant également les hautes cuissons ou en recherchant des solutions de fumage autres que traditionnelles, puisque la saveur fumée est une saveur tendance.

 

Un bilan mitigé pour les produits laitiersLes-produits-laitiers-brûlent-plus-de-graisses-que-vous-ne-le-croyezLes-produits-laitiers-brûlent-plus-de-graisses-que-vous-ne-le-croyez-1200x800

 

L’anses ne conclut pas à un effet favorable des produits laitiers sur les risques de fractures notamment. Par contre, elle met en évidence que la couverture des besoins en Vitamine D n’est pas satisfaisante au regard des offres et des habitudes de consommation. Parmi ces recommandations, l’Anses préconise un enrichissement des denrées en Vitamine D, piloté par les pouvoirs publics. L’allégation « enrichi en vitamine D » a ainsi des chances de se retrouver en première ligne marketing.

 

Outre l’ajout de repères nutritionnels pour le consommateur tels réduire la consommation de viande, manger plus de légumineuses…, ces nouvelles recommandations en disent long sur les axes à privilégier :

  • fibres,
  • index glycémique bas,
  • réduction des sucres (exit la distinction entre sucres ajoutés et sucres naturellement présents dans les aliments),
  • matières grasses riches en oméga 3,
  • mode de culture bio ou raisonnée.

 

Bonne nouvelle pour les IAA, les tendances culinaires actuelles sont en phase avec l’Anses. Néanmoins, ces recommandations restent complexes pour le consommateur néophyte, et les industriels devront utiliser les bonnes stratégies marketing, afin de ne le pas perdre davantage. D’une manière générale, il faudra s’efforcer de rendre le discours scientifique clair aux yeux du public concerné.

 

Pour en savoir plus sur la nutrition santé : Portail Nutrition-Santé « Invest In Bretagne ». 

 

 

 

 

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