Innovations : les industriels surfent sur la vague des superaliments.

Fruits & légumes Nutrition et Bien-être 12/01/2017

La notoriété des super-aliments progresse. Ils sont en effet perçus comme une réponse à nos problèmes de santé. Une étude réalisée par Mintel GNPD (Global New Product Database) souligne la popularité de ces aliments riches en nutriments aux bienfaits multiples et révèle une explosion quant à leur incorporation dans de nouveaux produits.

L’étude réalisée par Mintel met en lumière, entre 2011 et 2015, une augmentation de 202 % à l’échelle mondiale dans la commercialisation des nouveaux produits alimentaires et boissons contenant les termes « super-aliment », « super-fruit » ou « super-céréale ».


Et cette croissance s’est confirmée en 2016 puisque la base de données enregistre une augmentation de 42 % du nombre de produits alimentaires (boissons incluses) commercialisés dans le monde avec l’un de ces termes, par rapport à 2015.


Une tendance mondiale, avec les Etats-Unis comme moteurs.

mintel superaliments par pays

 

C’est aux États-Unis que la tendance est la plus remarquable puisque le pays totalisait, en 2015, 30 % des lancements de ces « super » produits alimentaires et boissons. Les USA étaient suivis par l’Australie (10 %), l’Allemagne (7 %), le Royaume-Uni (6 %) et le Canada (6 %).

Si les industriels misent beaucoup sur ces super-ingrédients c’est pour répondre à une forte demande des consommateurs pour des produits hautement nutritifs. Aujourd’hui, plus de sept consommateurs sur dix en France (72 %), en Allemagne (71 %), en Italie (73 %) et en Espagne (72 %) s’accordent à dire qu’ils accordent plus de crédit aux bienfaits santé présents dans les aliments naturels, comme les fruits et légumes, par rapport à ceux apportés par les aliments fonctionnels.

 

 

Au-delà des segments aliments et boissons.

L’étude réalisée par Mintel révèle que l’effet « super-aliment » s’est propagé au-delà des frontières de l’alimentaire. Entre 2011 et 2015 :

  • 43 % des produits lancés avec les mots « super-aliment », « super-fruit » ou « super-céréale » dans la description du produit appartenaient à la catégorie aliments,
  • 11 % appartenaient à la catégorie des boissons,
  • 30 % appartenaient au segment beauté et soins personnels,
  • 12 % relevaient de la catégorie santé et hygiène,
  • 4 % concernaient les produits pour animaux domestiques.


Les céréales anciennes sur les devants de la scène.

La tendance gluten-free / sans blé a donné lieu à un nombre croissant d’innovations contenant des céréales d’antan, considérées comme des « super-céréales ». Le quinoa et le sarrasin sont apparus dans de nombreux nouveaux produits ces dernières années. Quant au chia ou au teff, leur apparition est plus récente mais ils connaissent une explosion quant à leur utilisation : entre 2014 et 2016, les lancements de produits alimentaires et boissons contenant du chia ont triplé, ceux contenant du teff ont plus que doublé.

« La quête d’alternatives au blé, plus saines, moins raffinées, a favorisé l’intérêt pour les céréales anciennes. Le retour des céréales d’antan, à la fois savoureuses, denses en nutriments et authentiques, a permis de redorer l’image de certains glucides. Outre le fait d’offrir une alternative au blé, les céréales anciennes sont en effet dotées de qualités fonctionnelles et nutritionnelles et proposent des saveurs et textures nouvelles » explique Stéphanie Mattucci, Global Food Science Analyst chez Mintel.

Alors que le nombre de produits contenant des céréales anciennes est en progression, les céréales germées pourraient également connaître une hausse de popularité. « Il y a eu un retour à cette pratique ancienne, avec l’introduction de techniques de germination contrôlée. En effet l’avantage nutritif des céréales germées est maintenant reconnu. Le quinoa par exemple est en tête du retour des céréales germées, » poursuit Stéphanie Mattucci.

Du côté des légumineuses…

Alors que l’ONU proclamait l’année 2016 comme l’année des légumineuses, elles ont vu leur utilisation croître : au cours des deux dernières années, les lancements de produits alimentaires et boissons contenant des pois cassés verts ont augmenté de 126 %, ceux de produits contenant des lentilles corail ont augmenté de 62 % et les pois cassés jaunes ont vu leur utilisation progresser de 21 %.

« Les légumes secs peuvent être utilisés pour ajouter un éventail de bénéfices santé naturels aux aliments et boissons. En outre, les légumes secs sont des denrées de base dans de nombreuses cuisines ethniques. Ils offrent ainsi aux fabricants une voie vers l’innovation de produits du monde pour cibler des consommateurs explorateurs, » poursuit l’analyste.

Les graines également à l’honneur.

L’étude de Mintel révèle que les super-graines ont également bénéficié d’une hausse d’utilisation. Si l’incorporation de graines de chia a largement augmenté, il en est de même pour certaines autres graines au cours des deux dernières années : + 27 % pour les graines de citrouille, + 22% pour les graines de tournesol.

« Certaines graines comme les graines de chia et de citrouille offrent un apport de protéines complètes, contenant les neuf acides aminés essentiels dans des proportions correctes. Cependant, beaucoup de protéines provenant des graines sont incomplètes. Un mélange de graines peut contribuer à améliorer l’aminogramme », ajoute-t-on chez Mintel.

Les épices…

À l’avenir, il semble que le curcuma, connu pour ses bienfaits anti-inflammatoires, et le moringa, réputé avoir des propriétés esthétiques et anti-vieillissement, pourraient devenir les super-aliments à suivre de près.

« Le curcuma a un potentiel en tant que complément alimentaire ainsi qu’en tant qu’ingrédient dans les produits fonctionnels (aliments et boissons), en particulier dans les produits destinés aux seniors, cible particulièrement intéressante en termes de nombre et de pouvoir d’achat. Quant au moringa, il pourrait être utilisé dans les produits alimentaires et les soins de beauté anti-âge » conclut Stéphanie Mattucci.

Pour en savoir plus sur la nutrition santé : Portail Nutrition-Santé « Invest In Bretagne ».

 

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